Où dorment les étoiles
Ceci est ma rencontre avec l’eau, avec la « matière aqueuse » primordiale qui génère toute cette symbolique tragédie. La profondeur de l’eau est le point de rendez-vous de l’ambivalence universelle de la vie et de la mort. Cette eau est aussi vitale que destructrice, suggère une impression de vie latente et nous offre cette pause, ce souffle nécessaire où les sentiments se diluent et se mélangent dans un romantisme dénudé.
J’aime mettre en avant la théorie du végétal se réfugiant dans l’eau pour se détacher d’une condition d’espace-temps dont l’humain le prive petit à petit. Échapper à son destin relève d’une conscience de la mort à laquelle la nature est constamment confrontée. Cette peur existentielle, on la retrouve tous en nous, et c’est cette peur qui rapproche ces plantes de nous, animaux à l’instinct de survie.
Les plantes sont conscientes de la mort, de leur propre mort. Elles se cachent sous l’eau pour s’insuffler un sentiment de vie gelée, aussi éphémère ce sentiment soit-il.
La figure d’Ophélie de La tragédie d’Hamlet de William Shakespeare est le symbole utilisé en analogie parfaite : sa mort sur les eaux, qu’on associe ici à la persistance de l’être végétal, renverrait directement à un retour à la vie. L’eau maintient momentanément ce corps vivant et resplendissant.






